Télétravail : adieu mal de dos et de nuque
Le télétravail, c’est confortable… en théorie. Plus de trajet, plus de bruit d’open space, une liberté retrouvée.
Mais au bout de quelques semaines, on découvre l’envers du décor : les douleurs dans le bas du dos, la nuque raide, les épaules qui se crispent sans prévenir.
Ces petits maux, presque anodins au début, finissent par peser lourd.
Ce n’est pas une fatalité. Ces douleurs ne viennent pas du télétravail en lui-même, mais de la façon dont on l’aborde. On s’installe comme on peut, avec une chaise de cuisine, un portable posé trop bas, et on reste des heures sans bouger. Résultat : le corps compense, force, et finit par protester.
Travailler chez soi peut être confortable et sain, à condition de comprendre comment s’asseoir, comment bouger, comment respirer. Cet article est là pour ça : t’aider à corriger ce qui, chaque jour, use ton dos et ta nuque sans que tu t’en rendes compte.
Pourquoi le télétravail abîme le dos et la nuque
Une posture statique qui abîme à petit feu
Le corps n’a jamais été conçu pour rester immobile. Il a besoin de mouvement pour fonctionner correctement, pour faire circuler le sang, pour garder les muscles toniques.
En télétravail, tout est fait pour qu’on bouge le moins possible. Le frigo est à deux mètres, le téléphone à portée de main, et on enchaîne les visios sans lever les yeux de l’écran.
Cette immobilité crée des tensions : le cou se fige, les épaules se ferment, le bas du dos supporte tout le poids. À force, c’est la colonne vertébrale qui encaisse. Et c’est souvent seulement quand la douleur devient gênante qu’on réalise que quelque chose cloche.
Du mobilier improvisé, pas adapté
Beaucoup de gens travaillent encore sur une table de salle à manger, avec une chaise raide et un ordinateur portable posé trop bas.
Le problème, c’est que ces positions de fortune désalignent complètement le corps. La tête penche vers l’avant, les bras sont tendus, les poignets se cassent. Tout se met en tension.
Une journée, ce n’est rien. Mais répétée chaque semaine, cette posture finit par créer un déséquilibre musculaire. Les muscles du cou se contractent, ceux du dos se raidissent, et la douleur devient ton quotidien.
Le stress, ce facteur invisible
Les douleurs physiques ne viennent pas que de la position. Le stress joue un rôle énorme. Quand on est tendu, on respire mal, on se crispe. Les épaules montent, la nuque se durcit, et tout le haut du corps devient rigide.
Ajoute à ça le manque de pauses, la fatigue visuelle, et ton corps finit par se bloquer complètement.
Les bonnes postures à adopter
Travailler assis n’est pas le problème. Ce qui compte, c’est comment tu t’assois.
L’assise
Commence par bien te caler au fond de la chaise. Les pieds doivent être à plat sur le sol, les genoux à angle droit.
Ton dos doit toucher le dossier sans effort, et si ta chaise n’offre pas de soutien lombaire, ajoute un petit coussin dans le creux du dos. Ça t’oblige à garder la colonne alignée naturellement, sans forcer.
Évite les sièges trop mous, qui te font t’enfoncer, et ceux trop durs, qui t’obligent à te tenir raide. Cherche le juste milieu : un appui ferme mais confortable.
L’écran et le clavier
Ton regard doit arriver légèrement au-dessus du centre de l’écran. Si ton ordinateur est trop bas, surélève-le avec quelques livres ou un support.
Le clavier et la souris doivent être à hauteur des coudes, pour que tes bras reposent naturellement. Si tes épaules se soulèvent, c’est que la table est trop haute.
La tête, quant à elle, doit rester droite. Pas inclinée vers l’avant. Une tête penchée de quelques centimètres, c’est plusieurs kilos de pression supplémentaires sur les cervicales.
Les bras, les épaules et les jambes
Les bras doivent rester proches du corps, les poignets alignés.
Les épaules, détendues, tombent naturellement. Si tu sens qu’elles se crispent, baisse un peu ton plan de travail ou fais une pause.
Enfin, garde les jambes libres. Évite de croiser les genoux. Si tu es trop petit pour poser les pieds à plat, utilise un repose-pieds ou un carton stable.
Le matériel ergonomique indispensable
On a beau parler de posture, si ton matériel ne suit pas, tu finiras par te tordre d’une manière ou d’une autre. Un bon environnement de travail, ce n’est pas une question de luxe, c’est une question de longévité.
La chaise : ton meilleur allié santé
Tout part de là.
Ta chaise doit être ton support, pas ton ennemi. Une assise trop basse ou trop rigide te désaxe complètement. Si tu passes plusieurs heures par jour à ton bureau, investis dans une chaise réglable, avec un bon maintien lombaire.
Tu n’as pas besoin d’un siège à 1 000 euros. Certains modèles à 150 ou 200 font déjà très bien le travail : dossier en maille, accoudoirs ajustables, assise ferme. L’important, c’est que tu puisses bouger dedans sans t’effondrer.
Si vraiment tu n’as qu’une chaise de cuisine, ajoute au minimum un coussin ferme derrière le dos et un autre sous les fesses. Ce n’est pas parfait, mais c’est toujours mieux que rien.
Le bureau : à la bonne hauteur
Un bureau trop haut, et tu lèves les épaules. Trop bas, et tu te penches. Dans les deux cas, ton cou finit par souffrir.
La bonne hauteur, c’est celle qui te permet de poser les avant-bras à 90° sans lever les coudes.
Certains investissent dans un bureau réglable, capable de passer de la position assise à debout. C’est un vrai plus si tu restes longtemps devant ton écran.
Mais tu peux aussi improviser : un plan de travail sur tréteaux, ou même une planche à repasser réglée à la bonne hauteur pour quelques heures debout. L’idée, c’est de varier les positions.
Les accessoires malins
Quelques objets peu coûteux peuvent t’éviter des douleurs sur le long terme :
- Un support d’écran ou quelques livres empilés pour surélever ton ordinateur.
- Une souris verticale, qui maintient ton poignet dans une position neutre et évite les tendinites.
- Un repose-pieds, surtout si tu es petit(e), pour garder les jambes bien alignées.
- Un clavier externe, si tu travailles sur portable, pour éviter d’avoir les bras trop hauts.
Ces détails changent la donne. Ce ne sont pas des gadgets, mais des outils qui corrigent naturellement ta posture sans que tu aies à y penser.
Les pauses et exercices pour relâcher ton corps
Le télétravail pousse à l’immobilité. On se dit “je vais juste finir ce dossier”, et sans s’en rendre compte, on reste deux heures sans lever les yeux de l’écran. Le problème, c’est que le corps, lui, n’a pas été conçu pour l’endurance statique. Il a besoin de mouvement, même léger, pour entretenir la circulation et éviter les tensions.
Les micro-pauses actives
Toutes les heures, lève-toi. Pas pour scroller ton téléphone, mais pour bouger.
Va chercher un verre d’eau, étire les bras, fais trois pas dans le couloir. Ce n’est pas du temps perdu : c’est du temps gagné pour ton corps.
Si tu veux une règle simple :
- 50 minutes de travail,
- 5 minutes de pause debout,
- et toutes les deux heures, une vraie coupure.
Pendant ces pauses, relâche les épaules. Fais quelques rotations de la tête, étire ton dos lentement. Ce n’est pas un sport, c’est un entretien.
Les étirements simples
Inutile de sortir un tapis de yoga.
Quelques mouvements discrets suffisent :
- Pour la nuque : baisse lentement la tête vers l’avant, puis fais-la rouler doucement d’un côté à l’autre. Ne force jamais.
- Pour les épaules : fais des cercles vers l’arrière, lents et amples. Dix secondes suffisent pour relancer la circulation.
- Pour le dos : debout, mains sur les hanches, étire-toi vers le plafond. Respire profondément.
- Pour les poignets : tends un bras devant toi, attrape la main opposée et tire légèrement les doigts vers toi.
Fais ces gestes deux ou trois fois par jour. Ce sont des petites bouffées d’oxygène musculaire.
L’importance du mouvement régulier
Rien ne remplace le mouvement.
Marche un peu chaque jour, même si ce n’est que dix minutes. Si tu as des appels à passer, fais-les debout, en marchant. Si tu peux, varie les positions : parfois assis, parfois debout, parfois sur un tabouret haut.
Le but n’est pas de t’épuiser, mais de ne jamais rester figé trop longtemps.
Ton corps a besoin de micro-variations. Ce sont elles qui entretiennent la souplesse et préviennent les douleurs chroniques.
Gérer la fatigue et le stress pour éviter les tensions
Respirer, c’est déjà se détendre
La première chose que l’on oublie en télétravail, c’est de respirer correctement. Pas de vraie respiration, juste un souffle court, rapide, bloqué entre deux mails. Et ce manque d’oxygène finit par tendre tout le haut du corps.
Quand tu sens ton dos ou ta nuque se raidir, fais une pause. Pose les mains sur le ventre et respire lentement, profondément. Inspire par le nez, laisse le ventre se gonfler, puis expire doucement par la bouche.
Fais-le trois ou quatre fois.
Tu verras : les épaules descendent toutes seules.
Ces respirations ne changent pas seulement ton humeur, elles détendent réellement les muscles profonds, ceux qui se contractent quand le stress monte.
Créer une ambiance de travail apaisante
Ton environnement agit sur ton corps sans que tu t’en rendes compte. Une lumière trop forte, un bruit constant, un espace encombré : tout ça génère une forme de tension silencieuse.
Essaie de rendre ton coin bureau agréable, même simplement. Range les papiers, ajoute une plante, un peu de lumière naturelle, un fond sonore calme si le silence t’angoisse.
Le cerveau travaille mieux dans un environnement qui respire.
Et quand l’esprit se relâche, le corps suit.
Déconnecter vraiment en fin de journée
Une autre source de tension, c’est le fait de ne jamais vraiment s’arrêter. Quand ton bureau est à deux mètres du canapé, la frontière entre travail et repos devient floue. Et tant que ton cerveau reste “en veille professionnelle”, ton corps ne lâche rien.
Impose-toi un rituel de fin de journée : ferme ton ordinateur, range ton espace, sors marcher, change d’ambiance.
C’est un signal que tu envoies à ton corps : la journée est finie, tu peux relâcher.
Sans cette coupure, la tension reste là, discrète mais constante.
Quand consulter un professionnel ?
Reconnaître les signaux d’alerte
Les douleurs liées au télétravail ne sont pas toujours immédiates. Elles s’installent doucement, comme une gêne discrète qu’on finit par trouver “normale”.
Mais il y a des signes qui doivent te faire réagir :
- une douleur qui revient chaque jour au même endroit,
- des raideurs qui t’empêchent de tourner la tête ou de te pencher,
- des fourmillements dans les bras ou les doigts,
- ou une fatigue musculaire qui persiste même après le week-end.
Ce ne sont pas de simples courbatures. Ce sont des signaux d’alerte que ton corps t’envoie. Plus tu attends, plus la douleur s’installe, et plus il devient difficile de la corriger.
Kiné, ostéo, ou coach posture : qui peut t’aider ?
Le premier réflexe, c’est souvent le kinésithérapeute.
Il t’aide à détendre les muscles, à corriger les déséquilibres et à réapprendre les bons gestes. Si tes douleurs viennent d’une mauvaise posture, quelques séances suffisent souvent pour tout remettre à plat.
L’ostéopathe, lui, agit plus globalement. Il va chercher les blocages dans le dos, la nuque, les épaules, parfois même dans le bassin. Son approche est complémentaire, surtout si les douleurs sont anciennes.
Et puis il y a le coach en ergonomie ou en mouvement. Ces pros t’apprennent à travailler sans te blesser, à régler ton bureau, à bouger au bon moment. Une séance bien menée peut t’éviter des années de douleurs.
Prévenir avant de guérir
Le vrai secret, c’est la prévention.
Ne laisse pas ton corps atteindre le point de rupture.
Même si tu ne ressens rien de grave, fais un check de temps en temps : une séance de kiné, un ajustement d’écran, quelques étirements quotidiens.
C’est comme entretenir une voiture : tu n’attends pas la panne pour vérifier le moteur.
Le télétravail n’est pas dangereux en soi. C’est la sédentarité, la négligence et le stress accumulé qui le rendent douloureux.
En prendre conscience tôt, c’est se donner la chance de travailler longtemps, sans abîmer ce qu’on a de plus précieux : son corps.
Conclusion
Le télétravail peut être un formidable mode de vie, à condition de ne pas oublier le principal : tu n’es pas qu’un cerveau derrière un écran.
Ton corps aussi travaille. Il encaisse tes heures, tes postures, tes tensions. Et si tu l’écoutes un peu, il te le rend bien.
Bien t’asseoir, bouger souvent, respirer, t’équiper correctement… Ce ne sont pas des détails. Ce sont les fondations de ton équilibre.
Ce n’est pas une question d’âge, de forme ou de métier. C’est une question de respect de soi.
Le jour où tu fais du bien à ton corps, tu redécouvres le plaisir de travailler. Et c’est peut-être ça, le vrai sens du mot “bien-être au travail”.
